P comme … PANDA

Ca pour faire le guignol sur un toboggan, il est doué. Mais pour s'occuper du rayon polar ? Quand on se retrouve à une soirée avec des trombines inconnues et qu’on se fait des ronds de jambe pour voir si on va danser ensemble le menuet un bout de temps, arrive assez vite sur le tapis la question du « Et tu fais quoi dans la vie ? ». En général, je ne mens pas, et dis la vérité dans toute sa splendeur : je suis libraire. L’avantage indéniable de la chose, c’est que ce métier est rapidement identifiable (une fois évacuée la confusion avec le métier de bibliothécaire tout de même), genre boucher ou postier. Ce n’est pas comme prestataire de services dans une SSII axée sur la programmation, ou digital manager d’une start up. Donc je dis que je suis libraire, et en général on me regarde avec étonnement, un petit soupir attendri (les gens aiment bien les livres, et donc les gens qui bossent dans le livre par contamination, même s’ils ne lisent pas), et le fatal « ça existe encore ? ». C’est là que je me sens comme un panda : on trouve le libraire mignon, mais voué à disparaître. Haro sur les fausses idées sur le métier de libraire. Non, je ne suis pas un panda. Tout d’abord, nous ne sommes pas en voie de disparition, du moins à Paris. Ce doit être la ville avec la plus importante densité de librairies indépendantes au mètre carré. C’est pas difficile, il y en a partout ; pas autant que des opticiens ou des chausseurs, certes, et sûrement pas aussi rentables, mais quand même on ne peut…

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P comme… PARA

Comment ça? la dame elle a pas le cahier de vacances de CE2? Le quotidien du libraire est parfois sans surprise : décembre on fait des paquets cadeaux, mars on vend du Goncourt, juin on vend des cahiers de vacances. N’empêche, voir les foules prendre d’assaut les bacs à parascolaire, ça surprend toujours. Le collégien déboussolé qui cherche le salut et le bepc dans des annales corrigées, les parents prêts à tout pour que le fiston rentre à Centrale, à commencer par le cahier de vacances pour maternelle (comme il est très éveillé, Junior aura droit directement au cahier Moyenne section, il est très doué avec les gommettes). Les éditeurs ne s’y trompent pas et trouvent toujours de nouveaux produits pour ces petits cœurs qui battent au rythme scolaire. Soutien, corrigés, entraînement, cahier du jour, du soir, de vacances, de la crèche à la prépa. Mais pourquoi s’arrêter là ? visons le cas de ceux qui sont sortis du cadre scolaire, et qui ont nécessairement besoin de réviser ou d’apprendre tout court : les adultes. Derniers nés dans la famille nombreuse du parascolaire, qu’on pourrait appeler le postscolaire, les cahiers de vacances pour adultes, du truc érotico-coquin (il n’y a pas que les maths dans la vie active) au truc cérébral et sérieux édité par le CNRS qui vous permettra de briller à l’apéro du camping encore plus que d’habitude grâce à vos fines analyses géopolitiques. Vous l’avez peut-être compris à demi-mots, mais le parascolaire, c’est presque aussi intéressant pour le libraire que le scolaire ou le rayon juridique-informatique : le degré zéro du glamour. Pas des paillettes, pas de conseils, pas de surprises, juste de la gestion de stock ;…

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P comme… PAPETERIE

C'est la rentrée : j'irais bien faire un tour aux Buveurs d'encre, m'acheter des classeurs et des chaussettes. La tentation est parfois grande pour le libraire éreinté, dont la salive vient à manquer, de faire comme un de ses collègues italiens qui, dans sa charmante boutique, une librairie de cinéma romaine, avait listé derrière le comptoir l’ensemble des choses qu’il ne vendait pas : ni timbres, ni tickets de métro, ni t-shirts, etc. Pas forcément très accueillant, mais le fait est là, nombre de gens ne savent pas qu’en librairie on vend des livres. Et ils entrent pour demander tout autre chose, amèrement déçus par ce commerce bien peu utile. Avec le recul, le libraire constate avec étonnement que la librairie et le livre sont associés à bien des choses. Evidemment qui dit livre dit papier, et l’on vient souvent nous demander des ramettes de papier machine, des cahiers, des agendas ; qui dit papier dit papier journal, on s'aventure à nous réclamer Télé 7 jours, Télé Z et L'équipe ; et qui dit papier dit encre, donc on vient aussi quémander des stylos, des effaceurs, des cartouches d’encre et des recharges de stylos. Qui dit papier, encre, dit lettre, donc on vient aussi nous solliciter pour du papier à lettre, des enveloppes et des timbres, et bien sûr des cartes postales. Alors par chance la librairie s’est doté d’un assortiment de cartes postales de Plonk & Replonk, toutes plus absurdes les unes que les autres. Ca contente rarement ceux qui cherchent une belle vue de la Tour Eiffel, mais ça ravit ceux qui y voient une échappatoire à l’insipide carte de vœux. Car qui dit carte postale dit carte de…

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