O comme…O.P

En ce moment aux Buveurs d'Encre, un pack de six offert à toute acheteuse de "J''élève mon enfant" Et O.P comme… Comme quoi, au juste ? Opération Promotionnelle, pardi, même si par pudeur, on s’en tient toujours à l’acronyme. Car nous faisons dans le culturel, ma bonne dame, et faudrait voir à ne pas nous confondre avec les vendeurs de lessive et autres crèmes hydratantes pour le corps. Cette mise au point faite, force est de reconnaître que l’O.P n’est dans son principe pas très différente de la bonne vieille promo du Shopi du coin, ladite O.P servant à « lancer » une nouvelle collection (*) ou à mettre en avant une collection déjà installée dans le but de booster les ventes. Dans ce cas, il s’agit d’assurer à cette collection une bonne visibilité en faisant « entrer en librairie » des titres qui ne s’y trouvent pas habituellement. L’O.P repose sur le principe vieux comme le monde de l’intérêt partagé (ou supposé tel). Alors à qui profite le crime ? Aux éditeurs, tout d’abord, qui occupent ainsi le terrain ou font sortir leur stock, lequel a plus de chance de se vendre exposé en librairie qu’en train de prendre la poussière dans les entrepôts. En plus, cela fait entrer de la trésorerie, denrée dont l’éditeur est friand. Aux représentants, qui lorsqu’ils atteignent les objectifs reçoivent une prime ou à défaut la considération de leur employeur. Aux libraires, qu’on remercie en leur octroyant « surremise » et « échéance », autrement dit une marge un peu plus conséquente (+ 2 % en général, oui, c’est minable, vous avez absolument raison, mais nous sommes des gagne-petits) et davantage de temps pour régler…

2 commentaires

O comme… OFFICE

Faire l'office : un métier de chien Avec l’office, on entre pour de bon dans la petite cuisine de la librairie. Mot d’esprit vaseux, j’en conviens, mais il fait chaud et les neurones du libraire sont partis en vacances quelques jours avant leur propriétaire. Il est d’ailleurs probable que cette chronique soit la dernière avant septembre, et un redémarrage qu’on espère sur les chapeaux de roue. L’office, donc. Kezako que cette drôle de bête ? Eh bien, il s’agit ni plus ni moins d’un contrat synallagmatique (je m’étais juré de le placer un jour, celui-là) liant le diffuseur (représentant commercial de l’éditeur, pour ceux qui ont séché les épisodes précédents) et le libraire. Le libraire lorsqu’il démarre son activité et « ouvre son compte » auprès du diffuseur/distributeur s’engage à prendre un certain nombre de nouveautés, en un nombre X d’exemplaires, X dépendant de la catégorie dans laquelle le diffuseur classe l’ouvrage. Cela s’appelle la « grille d’office ». Chaque diffuseur à la sienne propre, et toutes rivalisent en nébulosité. Ainsi trouve-t-on, entre autres joyeusetés, « grands lancements documents », «littérature française grand public », l’idée générale étant de multiplier les catégories pour… devinez quoi ? Absolument, pour multiplier le nombre de livres placés à l’office, vous avez tout compris et êtes mûr(e) pour vous faire embaucher par un diffuseur. La grille d’office porte particulièrement bien son nom, car elle prive le libraire de la liberté de choisir ce qu’il veut vendre et elle lui pompe de la trésorerie, puisqu’il devra renvoyer (à ses frais) après un délai minimal d’un mois, les livres qu’il ne veut pas. Entre temps, l’argent est chez l’éditeur et fait tourner la machine, selon le principe…

3 commentaires
Fermer le menu