M comme… MUSIQUE

  Allez, tous en choeur derrière nous. Malgré un intérêt certain pour les discomobiles, ma carrière de disc-jockey a avorté spontanément, et j’ai dû me rabattre sur la librairie. Mais nous revoilà tout de même confrontés à la question de l’ambiance musicale, car notre modeste échoppe est équipée d’un mange-disque. En fait il était même censé manger les ipods et les clés usb, ce qui réjouissaient les modernes que nous sommes, mais comme on a pris un truc Proline, l’engin s’avère être une fine bouche. Impossible de coller ma playlist d’enfer, 628 morceaux variés et élégants. Fine bouche, et dure d’oreille : la machine ne connaît pas vraiment la nuance dans le volume ; ou c’est fortissimo ou c’est silenzio radio. On a dû planquer les baffles très haut et les retourner contre le mur… Alors nous voilà retournés au XXe siècle et au bon vieux CD. Mais là, j’ai envie de dire, comme 60 millions de consommateurs, que choisir ? quel miel verser dans vos oreilles ? du jazz ? du rock ? de la chanson à textes ? du smooth trip hop ? de la world dansante ? dans le doute, et en l’absence d’étude convaincante sur le comportement des consommateurs en fonction des ambiances sonores, on met en général ce qu’on aime, et on apporte nos CD. Après tout, on est les premiers concernés. Et c’est là que ça se complique. D’abord parce qu’on est parfois flemmard, et qu’on rappuie sur le bouton play sans changer de disque. Ce qui fait qu’on peut écouter douze fois le même album. C’est beaucoup. Et même si vous avez une profonde admiration pour un artiste, douze fois, ça commence à sentir…

Commentaires fermés sur M comme… MUSIQUE

M comme… MERCHANDISING

Nous aussi, on est prêts à tout pour vous vendre des trucs.... Bon, je vous la fais courte : le merchandising (ou marchandisage en bon français), c’est nous dit Wikipédia, « l’ensemble des techniques visant à favoriser l'écoulement d'un produit dans le commerce par un travail sur la présentation de celui-ci ». Pour ceux qui voudraient un peu creuser la question, l’article de l’encyclopédie en ligne est clair et plutôt bien fait, et il existe également un certain nombre de gros bouquins, qu’on vous fera un plaisir de vous commander si vous le désirez, d’autant qu’ils sont en général très chers. Oui et alors, quel rapport avec la librairie, me direz-vous ? Mais il est évident, car le merchandising est partout, y compris aux Buveurs d’encre. Rassurez-vous, je ne parlerai pas une fois de plus de ces cochoncetés de présentoirs que je vilipende à longueur de blog et détruis à coups de cutter (ça, ça s’appelle le merchandising du producteur), mais je souhaite vous inviter aujourd’hui à explorer l’autre versant de ce sommet du génie mercatique : le merchandising du distributeur, c’est-à-dire l’ensemble des trucs et astuces mis en œuvre par les commerçants roublards pour vous inviter à ouvrir votre portefeuille.. C’est un levier important en librairie, que cette « promotion sur le lieu de vente », car elle constitue l’un des rares éléments du mix-marketing sur lesquels peut jouer le libraire soucieux d’affirmer sa différence, puisque je vous le rappelle, nous avons tous accès aux mêmes livres que nous sommes tenus de vendre au même prix. J’écris cela à l’intention des étudiants aux métiers du livre qui viendraient folâtrer au fil de ces pages [alors qu’ils ont bien mieux à…

1 commentaire

M comme… MILLENIUM

La personne qui trouve le fameux quatrième tome caché est priée de l'apporter à la librairie. Récompense. « Je ne connais rien de plus triste qu’un best seller qui ne se vend pas », plaisantait le regretté Christian Bourgois. Manière de reconnaître qu’en matière d’édition (de fiction en tout cas) prédire le succès est une entreprise qui s’apparente très largement à la lecture dans le marc de café. Tous les éditeurs s’accordent plus ou moins sur ce point, ce qui ne les empêche pas d’essayer de décrocher la timbale avec une régularité qui force le respect. N’empêche, chaque fois qu’on nous claironne « vous allez voir ce que vous allez voir » eh bien, ça fait pschitt. Oprah Winfrey a beau avoir âââdoooré (entre nous, qu’est-ce qu’on en a à foutre ?) James Ellroy ou Bret Easton Ellis pondu (moyennant finance, il paraît) un bandeau définitif du style « je tuerais pour avoir écrit ce roman », ça le fait pas. Les beaux dépliants en quadrichromie sur papier glacé 180 grammes ne changeront rien à l’affaire, non plus que les amicales pressions du représentant à qui le chef a filé une mise en place monstrueuse, ni même les services de presse généreusement distribués. On peut estimer ces mini Titanic éditoriaux à une bonne douzaine par an. A l’inverse, phénomène tout aussi déroutant pour l’éditeur, plus rare et beaucoup plus plaisant, le succès que rien ne laissait présager. Je parle ici du bouquin lambda qui débarque dans les cartons de nouveautés sans tambour ni trompettes, et au coude à coude avec quelques centaines de congénères va essayer de se frayer un passage vers le nirvana, à savoir les tables des librairies et/ou…

Commentaires fermés sur M comme… MILLENIUM
Fermer le menu