L comme… LACHETE

La glorieuse technique du putois. Certains jours fleurent bon l’héroïsme et l’honneur ; d’autres moins. Une bonne journée de libraire, c’est des échanges bien sentis, genre ping pong : une question, une réponse, une blague, un commentaire, une proposition, une conclusion, et tchik tchak et bingo. C’est vif, mais ce n’est pas le bordel, et on vend des livres dans la bonne humeur. En plus la météo est clémente, et donc on n’en parle pas, et c’est un tableau idyllique où il manque juste les petits lapins et les papillons. Mais ce n’est pas toujours comme cela ; certains jours, le blason en prend un coup, et l’on cède à la lâcheté. La faute aux offices nullissimes de la semaine, aux conflits informatiques ou autres plaies d’Egypte. La première des lâchetés, c’est de refuser le combat. Alors puisque j’en suis à vous avouer mes petites bassesses, je vous confierai qu’il m’arrive de fuir quand je vois certains clients entrer ; attention, hein, ce n’est pas du délit de faciès, c’est après de nombreux et vains échanges, qui se sont soldés par une insatisfaction généralisée. Comme ils reviennent, ils font affaire avec mes collègues, moi je déclare forfait et je vais réfléchir à ma prochaine stratégie dans mon donjon, enfin la remise, quoi. Qu’est-ce qui me fait me terrer dans un trou aussi vite qu’un lièvre lors d’une chasse à cour ? Soyons honnête, et ne vous sentez pas concerné, puisque si vous lisez ce blog vous êtes automatiquement retiré de cette catégorie : le vieux con. Celui dont la misogynie n’a d’égal que la prétention, et qui, quand il s’adresse à une femelle qui travaille dans une librairie, lui épelle Flammarion,…

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L comme … LOI

Vous avez fait des études de droit ? vous aimez l’ordre* ? vous êtes capables de comprendre des textes abscons ? d’en découdre avec un contradicteur ? Engagez-vous : devenez libraire ! Chacun ses fantasmes, mais j’ai un faible pour un navet dont l’accroche fameuse était « I’m the law ». Résultat des courses, on se raccroche à la première venue, et en librairie, c’est la loi Lang, dite du prix unique, plus connue sous l’expression « non, je ne vends pas des tapis monsieur ». Bien sûr le premier péquin venu clamera que nul n’est censé ignorer la loi, mais, je vous l’accorde, le temps des dix commandements est révolu depuis Napoléon. Alors je vous l’apprends peut-être, mais il existe une jolie loi qui fixe le prix du livre : l’éditeur choisit le prix de l’ouvrage qu’il publie, et les revendeurs doivent s’y conformer, et ne peuvent accorder une remise supérieure à 5%. D’où les fameuses cartes de fidélité et autres prix verts. Le prochain qui proclame que c’est moins cher à la F*** a un gage, ou une petite discussion avec Judge Dredd. Vous pensez que c’est gai comme une file devant une épicerie soviétique pendant l’hiver 72, mais consolez-vous en vous rappelant que vous n’aurez pas à affronter des soldes belliqueuses pour dégoter le petit roman hongrois de vos rêves. En conséquence, inutile de marchander. D’ailleurs, rien qu’à voir la tête du libraire invité à la danse des prix, les plus vindicatifs y perdraient leur ardeur. Le marchandage est légalement interdit, et cela ravit le libraire, qui sera d’autant plus volubile sur d’autres thématiques (météo & autres broutilles). Il faut bien l’avouer aussi, depuis que la hache de…

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