DENALI – patrice gain

A cette période de l’été où les libraires sont plongés dans la lecture de la rentrée  littéraire qui bientôt pointe son nez et où tout livre de plus de deux mois fait figure d’incunable, je me suis attardé sur le roman de Patrice Gain dont la superbe couverture (une mouche mais perso cela évoque plutôt la coiffe de chef indien) me faisait de l’œil depuis quelques temps.

La couverture et la curiosité aussi, car ce roman qui convoque les images les plus emblématiques du nature writing est écrit par un Français. Or un auteur français  qui nous parle de l’Amérique, cela donne souvent des résultats intéressants : il suffit de penser à Frédéric Roux, Tanguy Viel sans remonter aux plus  anciens.

La langue, la construction du récit et l’épaisseur du personnage principal m’ont plu de bout en bout dans cette histoire de délitement familial où un ado, Matt, voit son univers s’écrouler à la suite de la disparition de son père en montagne. Denali est un récit sombre, qui mêle avec un bonheur certain des genres différents : nature writing mais aussi roman noir, drame social et roman d’apprentissage. Denali nous rappelle, avec sa personnalité propre, Sukkwan Island, l’ inoubliable premier roman de David Vann et c’est un sacré compliment.

Le mot et le reste – 21 euros

DANS LES EAUX DU GRAND NORD – IAN MCGUIRE

Patrick Sumner est un ancien chirurgien militaire, rongé par son passé. Avec la volonté de fuir son ancienne vie en Inde, il décide de se faire médecin à bord du baleinier anglais, le « Volunteer ». Il espère trouver à bord une vie rude mais éloignée de tous ses soucis.
A bord de ce navire se trouve également Henry Drax: harponneur brutal mais respecté par ses pairs. Alcoolique, Drax est un homme cruel dirigé par ses pulsions qui n’est capable d’aucune empathie.

Appâté par le gain, avec une volonté féroce de tuer le peu de baleines qu’il reste alors en Arctique, l’équipage du baleinier doit remonter toujours plus au nord, dans les eaux glaciales et imprévisibles.
Des rumeurs circulent, le capitaine porterait la poisse et on se demande qui a bien pu s’en prendre à un jeune mousse. Les catastrophes se succèdent et Sumner doit se rendre à l’évidence: ce n’est pas sur le « Volunteer » qu’il trouvera la paix tant espérée.

A mi-chemin entre le roman noir et l’épopée maritime, « Dans les eaux du Grand Nord » nous plonge dans un récit sombre et brutal. Chaque personnage est animé par la haine, la cruauté ou un passé douloureux et l’environnement glacial renforce l’aspect cauchemardesque de ce voyage. Cette ambiance polaire et sordide est décrite à merveille par Ian McGuire qui réussit le pari de nous faire frissonner en plein mois de Juillet.

Traduit de l’anglais par Laurent Bury.

Editions 10-18 – 17.90€

 

UN NOUVEAU MEUBLE POUR LE RAYON JEUNESSE!

Tout beau, tout neuf
(et surtout plus grand…)

Un nouveau meuble a depuis quelques jours trouvé sa place au rayon jeunesse. Pourquoi  ? Pour vous proposer :

  • plus de documentaires,
  • des séries complètes (fini, le tome qui manque !)
  • des albums plus visibles et mieux mis en valeur.
  • une présentation plus claire de nos coups de coeur en romans ado
  • des présentations thématiques : en ce moment une sélection de livres sur la rentrée scolaire.

La collection Lutins de l’Ecole des Loisirs n’a pas disparu mais se trouve désormais dans le petit meuble mobile, avec les autres albums au format poche.

Pour les nostalgiques, l’ancien meuble s’est déjà trouvé une place bien au chaud à la Librairie Longtemps, ce n’est qu’un au revoir!

INDIAN PSYCHO – arun krishnan

Faites connaissance avec Arjun Clarkson, le serial killer le plus sympa depuis Dexter ! Mis à part son accent indubitablement indien et qu’il n’assume pas (un petit complexe qui sera lourd de conséquences ), Arjun est parfaitement intégré à la société étatsunienne : une véritable incarnation du rêve américain à lui tout seul! Médiaplanneur pour une agence spécialisée dans la communication numérique avec un salaire à six chiffres, « l’indien préféré du patron » est un employé modèle. Ce qui ne l’empêche pas de supprimer une ex-collègue et de  se lancer sans trop de remords dans une vaste entreprise de dégommage pour couvrir les traces de ce premier homicide commis à l’occasion d’un léger cafouillage. Le résultat inattendu de ces meurtres à répétition dont les victimes semblent sélectionnées sur la base de leur profil MyFace est de faire vaciller sur ses bases le tout puissant numéro 1 des réseaux sociaux.

Thriller très marrant et franchement original, Indian Psycho est aussi une critique en règle des réseaux sociaux et de ceux/celles (nous tous ?) qui s’affichent plus beaux que nature dans ce miroir aux alouettes. Pour les amateurs de thriller, mais pas que.

Traduit de l’anglais (Inde) par Marthe Picard

Editions Asphalte – 22 euros

BELLE MAISON – Anaïs Brunet

Une évocation de la douceur estivale : vive les vacances !

Comme chaque année, Noufou et Lise viennent dans leur maison de vacances, au bord de la mer : ils reprennent leurs habitudes estivales dans cette belle demeure, sous le regard bienveillant de la narratrice. Mais qui raconte l’histoire ?

Belle maison est un album à l’atmosphère délicate et ensoleillée qui a le parfum des vacances, des siestes à l’ombre et des serviettes de plage pleines de sable… Il évoque ce temps suspendu de l’enfance et des vacances avec d’éblouissantes illustrations à la gouache peuplées de poissons, d’oiseaux, de fleurs, qui font écho aux motifs géométriques décoratifs de la maison. Au milieu, ces deux enfants, laissés à eux-mêmes dans cette demeure, ce royaume rempli de poésie et de douceur. Un avant-goût des vacances bienvenu !

Sarbacane – 15,50 €