INSEPARABLES – SARAH CROSSAN

(Article rédigé par Charlotte, stagiaire)

Tippi et Grace sont deux sœurs siamoises. En-dessous de leurs torses respectifs, elles ne font littéralement plus qu’une. Depuis toujours, elles sont confrontées aux regards curieux, moqueurs ou attristés des autres. Et lorsqu’elles doivent faire leur entrée au lycée, les deux sœurs s’attendent au pire. Contre toute attente, elles vont y découvrir l’amitié, les expériences d’ados et même l’amour. Mais bientôt, les sœurs siamoises sont rattrapées par leur destin et confrontées à un choix impossible qui pourrait bien mettre en péril leur lien unique et leur existence même…

Ce récit, raconté du point de vue de Grace, nous plonge dans la vie quotidienne et le ressenti de ces deux sœurs à qui leur différence est rappelée constamment. Au fil des pages, on oublie leur condition particulière pour réaliser qu’elles sont des adolescentes comme toutes les autres, avec les mêmes envies et les mêmes craintes, et un désir de vivre incomparable. Empathique et émouvant, déchirant et drôle à la fois, ce roman nous fait prendre conscience de la valeur de nos vies.

Dès 14 ans.

 Traduit de l’anglais (Grande-Bretagne) par Clémentine Beauvais

Editions Rageot – 14.90 euros

METS LE FEU ET TIRE-TOI – JAMES McBRIDE

James Brown était un show man absolu : chanteur, danseur hors pair, auteur de centaines de chansons dont un bon nombre furent des succès énormes. Personnage controversé, il fut aussi l’une des toutes premières stars de la musique noire américaine. James McBride, romancier et lui-musicien de jazz (il est saxophoniste) s’est vu confier ce travail de commande : l’écriture d’une biographie de « l’homme James Brown », au-delà donc de la simple bio musicale. McBride ne se sentait pas de légitimité particulière à se lancer dans ce projet, mais des nécessités d’ordre personnel l’ont poussé à accepter cette rentrée d’argent bienvenue. Quelle chance pour nous !  A travers le parcours de ce musicien hors norme, c’est tout un pan de l’histoire américaine, celle des Noirs, celle du Sud qu’embrasse ce livre. Sans jamais tomber dans l’hagiographie (James Brown avait une énorme personnalité, des qualités aussi évidentes que ses défauts, mais ce n’était définitivement pas une personne « aimable » ni « sympathique ») McBride rend hommage à ce personnage qui toute sa vie aura voulu « arriver comme quelqu’un de spécial, repartir comme quelqu’un de spécial ».

Ce récit est pour moi un coup de coeur absolu, nul besoin d’être fan du chanteur ni même passionné de musique pour être saisi par la qualité hors norme de ce récit.

Traduit de l’anglais (E.U.A) par François Happe

Editions Gallmeister – 22.80 euros

Comment (bien) rater ses vacances & suites – Anne Percin

Maxime Mainard est le héros plus qu’attachant d’une série de romans dont le quatrième opus vient de paraître : après Comment (bien) rater ses vacances, il y eut Comment (bien) gérer sa love story, puis Comment devenir une rock star (ou pas), et enfin le petit dernier Comment maximiser (enfin) ses vacances. Tout commence en banlieue parisienne, après le bac français : les parents de Maxime partent faire le GR20 et sa petite soeur va dans une colo poney. Il va donc rester chez sa grand-mère pour l’été : de quoi le ravir, vu la complicité qui les unit. Vous ferez au passage la connaissance de ses potes Kevin, au verbe fleuri, et Alexandra, partenaire idéale de jeux vidéos et tout autre délire. Sauf que rien ne se passe comme prévu, et que Maxime devra côtoyer le service d’urgences du Kremlin-Bicêtre, les flics et appeler à l’aide un oncle surnommé « Tonton déprimos ». Et accessoirement céder à ce qu’il appelle les « dindonneries », c’est-à-dire tomber amoureux…

Quatre volumes pour suivre pendant un an la vie de cet ado, qui se passionne pour l’économie et la musique, qui a de l’énergie à revendre, le sens de l’amitié et de la famille chevillé au corps, et un don inné pour la nouvelle cuisine : Maxime est formidable, un ado à l’humour ravageur et contagieux, qui mène sa barque de potes dans de beaux draps et avec entrain. On applaudit à tout rompre et on en redemande !

Editions du Rouergue – tomes 1  & 2 13,50€, tome 3 14,50€, tome 4 14,90€

VENDREDI 09/06 RENCONTRE AVEC PATRICIA TOURANCHEAU

Vendredi 9 juin

à 19 heures

Nous avons le plaisir de vous inviter à une rencontre avec Patricia Tourancheau à l’occasion de la parution de son livre « Le 36 » aux éditions Le Seuil / lesjours.fr

Saviez-vous, qu’au 36 rue des Orfèvres…

  • On trouve bel et bien un commissaire Mégret ?
  • Il y avait des poulets bien avant l’arrivée de la police ?
  • Existe un musée privé d’un genre assez particulier ?

Journaliste, Patricia Tourancheau a tenu la rubrique police, banditisme et faits divers à Libération pendant 29 ans avant de partir travailler pour le site d’information lesjours.fr. Elle a déjà publié trois livres : Les Postiches, un gang des années 80 (Fayard), La Traque de Guy Georges (Fayard) et avec Sébastien Bernardo, Brigade anti-criminalité (J’ai lu).

Autant dire que le 36 quai des orfèvres, les femmes et les hommes qui y travaillent, Patricia Tourancheau les connaît bien. Son livre fourmille de portraits et d’anecdotes et elle raconte, comme un feuilleton policier, les histoires d’hier et d’aujourd’hui qui font la légende du « 36 » : le club de la Poularde, la saga de la Rouquine, les labos des experts ou la bureau 315 où Gainsbourg sirotait son pastis.

Alors que la Police Judiciaire s’apprête à quitter dans quelques mois  les locaux qu’elle occupe depuis 1913 et l’époque des Brigades du Tigre pour migrer dans un immeuble flambant neuf  de la rue du Bastion (toujours au 36), Patricia Tourancheau vous invite à visiter une dernière fois cette adresse mythique, certainement l’une des seules que connaissent tous les Français !

Vendredi 9 juin, vous pourrez poser à Patricia Tourancheau toutes vos questions avant de vous faire dédicacer l’ouvrage si vous le désirez. Pour patienter jusqu’au 9 , voici une interview récemment donnée par Patricia Tourancheau à France Culture.

La rencontre se conclura autour d’un pot amical.

MERCREDI 14/06 ATELIER SUR L’EGYPTE AVEC LE MAGAZINE GEORGES!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Si tu as entre 7 et 12 ans, nous te proposons de venir t’amuser à dessiner des hiéroglyphes le mercredi 14 juin, avec Georges, le magazine !

Rendez-vous à 15h15 à la librairie. L’atelier aura lieu à l’Espace Ludo de la Halle Sécrétan puis nous retournerons à la librairie vers 16h30 pour un petit goûter!

Le nombre de places est limité : veuillez inscrire votre apprenti égyptologue par mail  ou téléphone (01 42 00 48 63).

Georges est un magazine pour enfants original et sans publicité qui a été créé en 2011. Leur ambition est d’offrir aux 7-12 ans un rendez-vous innovant, exigeant et créatif : une maquette chic et un contenu insolite ! Chaque numéro propose, autour d’un nouveau thème, 60 pages d’histoires, de jeux, de bd, des rubriques « Métiers », « Langue », « Bricolage », « Cuisine »  et toujours un papertoy inédit.

JEUDI 1er JUIN, RENCONTRE AVEC MARCEL AUDIARD

Jeudi 1er juin à 19 heures,

nous avons le plaisir de vous convier à une rencontre avec Marcel AUDIARD autour de son roman policier LE CRI DU CORPS MOURANT paru aux éditions Le Cherche midi.

 

« Rien qu’à lui parler, on perdait de l’espérance de vie. »

Bon sang ne saurait mentir… Marcel Audiard, petit-fils de, nous propose d’embarquer à la suite de Puce et de sa bande de copains dans un polar truculent, une aventure enrichie en truands fin de race, en flics à la ramasse où les traits d’esprit pleuvent comme à Gravelotte.

Le comédien Jean-Pierre KALFON lira quelques extraits de son roman avant une séance dédicaces. La rencontre avec l’auteur se conclura autour d’un pot amical.

STAR TRIP – ERIC SENABRE

Pendant tout l’été, May, 15 ans, doit s’occuper seule de son petit frère, Sam, handicapé et fan de la série Star Trip. Leurs parents sont partis pour un travail top secret et les laissent sans nouvelles.
Pour tromper l’ennui, May et son petit ami  décident de construire pour Sam, une réplique du vaisseau spatial du célèbre feuilleton télévisé.
Mais lorsqu’elle découvre le véritable « Capitaine Burke » assoupi dans son garage, tout bascule pour l’adolescente.

Eric Senabre nous emmène en cavale dans un vieux camion, pour une drôle d’aventure à travers l’Idaho et l’Utah des années 60. Avec des personnages attachants et pleins de caractère, ce roman palpitant plaira sûrement aux amateurs et amatrices de SF vintage et de roadtrip.

Dès 12 ans.

Didier jeunesse – 15,90€

LES FILLES AU LION – Jessie Burton

Un voyage artistique, entre peinture et écriture, de la Guerre d’Espagne au Swinging London.

Odelle Bastien a  26 ans en 1967, et végète dans un quotidien de vendeuse de chaussures, alors qu’elle rêve d’écriture. Noire et originaire de Trinité-et-Tobago, elle a de l’ambition, et du talent, et réussit à décrocher un poste d’assistante dans une galerie d’art, auprès de Marjorie Quick, aussi classieuse qu’intrigante. Elle rencontre aussi Lawrie Scott, un jeune homme qui ne cache pas son attirance pour elle, et a hérité d’un tableau magnifique, représentant une jeune fille tenant dans ses mains la tête d’une autre jeune fille, qu’observe un lion. Ce tableau affole les galéristes  : il s’agirait d’une oeuvre d’Isaac Roblès, peintre espagnol qui réalisa très peu de tableaux, et disparut lors de la Guerre d’Espagne. Le récit se scinde et nous découvrons l’histoire de ce peintre Isaac Roblès, et surtout de la famille Schloss : Harold est un marchand d’art viennois, marié à la superbe Sarah, anglaise dépressive, et père d’Olive, qui peint merveilleusement mais le cache. Ils viennent en 1936 en Andalousie, et font la connaissance d’Isaac et sa demi-soeur Teresa.

Après Miniaturiste, Jessie Burton écrit un second roman autour de l’art. Entre écriture et peinture, entre la guerre d’Espagne et le Swinging London, l’auteur distille habilement le mystère et entretient le suspense autour du personnage de Marjorie Quick et du tableau des jeunes filles au lion. Une tension croissante habite les pages espagnoles du roman : les liens familiaux tendus entre Olive et sa mère, entre le mère et le père, entre Teresa et Isaac, puis l’attirance qu’éprouvent Olive et Sarah pour Isaac. En toile de fond, le coup d’état de l’armée espagnole transforme la petite société du village andalou, et la tension sociale devient violence. La partie anglaise du roman est tout aussi riche : le personnage d’Odelle décrit la condition noire dans les années 60 à Londres, mais incarne aussi une destinée particulière par la manière dont elle se réalise dans l’écriture, et dans l’enquête sur Marjorie Quick. Un grand plaisir de lecture !

Traduit de l’anglais par Jean Esch.

Gallimard Du monde entier –  22.50 €

EMMY ET OLIVER – ROBIN BENWAY

Depuis leur naissance, Emmy et Oliver sont inséparables. Un jour, alors qu’ils ont 7 ans, Oliver avoue sur un bout de papier à Caroline, la meilleure amie d’Emmy, qu’il est amoureux d’Emmy. Après les cours, celle-ci veut lui demander des explications. Mais Oliver est déjà parti avec son père pour le week-end. Malheureusement, ce dernier ne le ramènera jamais chez sa mère …

Dix ans plus tard, Emmy a grandi, elle est devenue une belle jeune fille de 17 ans. Elle n’a pourtant jamais pu oublier Oliver. Il a laissé derrière lui un vide impossible à combler. Suite à son enlèvement, les parents d’Emmy sont devenus surprotecteurs avec elle. Si bien qu’aujourd’hui la jeune fille doit leur mentir pour sortir avec ses amis ou faire le sport qu’elle aime : le surf.

La mère d’Oliver a refait sa vie. Aujourd’hui, elle a un mari et deux petites filles, des jumelles. Cependant, elle n’a jamais cessé de chercher Oliver.

Un jour, alors qu’Emmy sort d’une séance de surf, Caroline, vient lui annoncer qu’on a retrouvé Oliver à New York. Il est en chemin pour rentrer chez sa mère. Emmy est sous le choc, elle avait imaginé plusieurs fois leurs retrouvailles. Pourtant, au moment de le revoir, le doute l’étreint : que reste-t-il de leur amitié après une si longue absence ?

Une histoire touchante qui nous plonge dans le quotidien d’adolescents qui ont vécu un traumatisme. Le roman ne porte pas sur enlèvement en lui-même mais sur les suites : la façon dont Oliver va vivre son retour ,après des années d’absences chez sa mère, au milieu de cette nouvelle famille qu’il ne connait pas, le besoin qu’a Emmy de parler à ses parents et de leur faire comprendre qu’ils l’étouffent. Robin Benway aborde des sujets graves qui touchent les jeunes, comme l’homosexualité, le passage à la fac, l’amitié et l’amour. Une plume juste qui nous emporte dans un tourbillon de questions et d’émotions.

Dès 13 ans.

Traduit de l’américain par Anne Delcourt

Nathan – 15.95 €

GEISHA OU LE JEU DU SHAMISEN – Christian Perrissin & Christophe Durieux

Itinéraire d’une fillette pour devenir geisha : un délicat enfer…

Setsuko Tsuda a 7 ans lorsque sa famille arrive à Tokyo : son père était samouraï, mais lorsque le régime féodal a été réformé, et les clans dissous, il s’est lancé dans le commerce de bois, qui ne lui a pas réussi. Avec son épouse et ses deux filles, il arrive à la ville après une longue marche, et s’installe comme menuisier ; mais il est victime d’un accident de tramway, et perd une jambe. Il sombre dans l’alcool. En désespoir de cause, il vend sa fille à une maison de geisha, l’okiya Tsushima, avec la promesse d’un avenir bien meilleur que ce qu’il peut lui offrir. Commence alors pour Setsuko, un long apprentissage : un nouveau nom, une nouvelle discipline, une nouvelle éducation. Et une dette à rembourser : elle devra reverser la somme offerte à son père, le coût de l’enseignement, des vêtements, du médecin. Son apprentissage est difficile et exigeant, dans un microcosme féminin où jalousies et rivalités fleurissent à l’envi. Setsuko, rebaptisée Kitsuné, trouvera un échappatoire dans la pratique du shamisen, l’instrument de musique à trois cordes traditionnel.

Cette chronique du Japon classique raconte l’envers du décor des estampes : derrière le fantasme de la geisha, se cache des individus, des destinées, des chemins de vie sinueux. Le joug des conventions et des soumissions laisse bien peu de libertés à cette fillette, qui narre son histoire avec une douce mélancolie. Le dessin de Christophe Durieux est tout en rondeur, avec une palette de gris impressionnante, et une texture veloutée. Les décors naturels et urbains, les détails des vêtements et des expressions, tout concourt à une très belle atmosphère, élégiaque,  cruelle.

Et de vive voix !

Futuropolis – 19€