JACOTTE EN VACANCES – Géraldine Collet et Estelle Billon-Spagnol

jacotte vacances


65 histoires très drôles mettant en scène Jacotte, une jeune fille pleine de vie, un peu râleuse, et surtout très mûre pour son âge. Voici ses vacances au « Camping de la Mouette rieuse » au jour le jour : le montage de la tente, le parasol ridicule, le club des petits mousses, les séances bronzage, les cartes postales… Dès qu’elle sent une injustice, elle dit « Arnaque! ».
Voici un roman illustré très réussi : des textes drôles, de beaux dessins colorés à l’aquarelle, un format original, des histoires justes et tellement vraies…
Pour toutes les petites filles, dès 7 ans.

Editions Hélium – 12.90 €
Vous pouvez lire aussi : Jacotte

LA THEORIE DE LA LUMIERE ET DE LA MATIERE – Andrew Porter

PORTER Derrière ce titre à rallonge, découvrez le premier recueil de nouvelles d’Andrew Porter, jeune auteur de talent et digne héritier de Raymond Carver et de Richard Ford. Comme ses glorieux aînés, il a cette faculté de saisir avec infiniment de grâce et de talent les instants de nos vies ordinaires et d’en tirer des « polaroids littéraires » pleins de sensibilité et de poésie. Les dix nouvelles rassemblées ici sont autant de bijoux, avec une mention spéciale pour La théorie de la lumière et de la matière, qui donne son titre au recueil et Connecticut, le texte qui le clôt.

Traduit de l’anglais (E.U.A) par France Camus-Pichon

Editions de l’Olivier – 20 euros

"J’AI TOUT ESSAYE !" – Isabelle Filliozat et Anouk Dubois

tout essayeEnfin un livre de psychologie sur l’éducation qui allie théorie et pratique. Il existe de nombreux ouvrages sur la question, mais peu sont aussi concrets ! Celui-ci est remarquablement bien conçu : chaque chapitre met en scène sous forme de petits croquis des situations du quotidien, accompagnés d’une explication, et surtout une rubrique signalée par un pictogramme d’ampoule vous éclaire sur toutes les découvertes en matière de psychologie et de neurologie.

Isabelle Filliozat s’adresse à tout parent qui se sent un peu dépassé face à son enfant. L’auteur s’intéresse aux enfants de 1 à 5 ans et met en avant pour chaque tranche d’âge les grandes étapes de l’enfance : le « non », les cauchemars, les mensonges, les colères… Comme l’auteur a choisi une approche chronologique plutôt que thématique, il ne faut pas s’arrêter à l’âge, par exemple, le chapitre sur les magasins peut intéresser tous les parents, peu importe l’âge de l’enfant. Chacun pourra trouver dans ces pages des solutions pour éviter certaines crises ou colères, pour comprendre le comportement de son enfant, pour limiter les conflits…

C’est le premier ouvrage de psychologie que je termine : il est complet, simple, concret. Il peut se consulter facilement en cas de problème précis, il peut rassurer toute mère au bord de la crise de nerfs ou tout simplement intéresser des mamans curieuses de savoir ce qui peut bien se passer dans la tête de leurs chères têtes blondes…

Editions Lattès – 17 €

VOODOO LAND – Nick Stone

voodoolandPour ceux qui avaient apprécié Tonton clarinette, voici le retour de Nick Stone et de son personnage, Max Mingus. Dans ce roman, Max est encore inspecteur de police à Miami, et se voit confier d’étranges et sanglantes affaires d’homicides ; il ne tardera pas à cotoyer la communauté haïtienne, et ses pires représentants. Corruption, prostitution, assassinat, trafic de drogue, d’influences… rien ne manque à ce polar musclé : les méchants sont très méchants, mais Nick Stone a la bonne idée de lui opposer des forces de l’ordre en demi-teinte, en proie à des luttes de pouvoir internes. Un autre personnage, celui de Carmine, proxénète et fils d’une prêtresse vaudoue cruelle, prend une belle épaisseur tout au long du livre. Du bon polar, palpitant et percutant.

Traduit de l’anglais par Samuel Todd.

Gallimard Série Noire – 22,50€

JEANINE – Matthias Picard

jeanineJeanine est la voisine de Matthias, un jeune dessinateur de Strasbourg ; de rencontres en rencontres, Jeanine va lui raconter sa vie, et lui la dessinera. Mais si elle a presque 70 ans et un petit caniche, elle n’est pas l’archétype de la mamie de quartier : madame est prostituée. Alors elle a bien des choses à raconter à Matthias, cette Jeanine : son enfance, ses premiers jobs, les rencontres, les mouvements féministes des années 70. A mille lieues du mélodrame, ce récit de vie est aussi touchant que captivant. Les entretiens entre les deux personnages, la femme qui en a tant vu, et le jeune homme timide, donnent une belle dynamique au récit. Ce premier livre évite de nombreux écueils : ni complaisance, ni voyeurisme, mais plutôt une franche honnêteté. Un auteur à suivre de près.

L’association – 18 €

365 BISOUS – Kimiko

bisousOriginal, ludique, coloré, intéressant, ce tout-carton devrait vite devenir un incontournable pour les 2 ans et plus. Kimiko a eu une excellente idée en associant des grandes scènes sur de nombreuses thématiques à un calendrier. Sur chaque double page, l’enfant découvre ainsi un univers différent pour chaque mois de l’année, avec bien sûr des bisous pour chaque jour. Ainsi le 12 mai, deux coccinelles s’embrassent dans une ferme ou le 1er juillet un « bisou merci pour la glace » sur la plage. L’enfant peut ainsi s’amuser à observer chaque détail, à retrouver pour chaque jour un bisou, un animal ou un personnage…

Janvier, bisous de la banquise ; février, bisous des dinosaures ; mars, bisous de la jungle ; avril, bisous de la nuit ; mai, bisous de la ferme ; juin, bisous de la savane ; juillet, bisous de la plage ; août, bisous de la mer ; septembre, bisous de la ville ; octobre, bisous de contes de fées ; novembre, bisous du cirque et décembre, bisous de Noël.

Editions Ecole des loisirs – 12 €
Loulou et Cie

658 – John Verdon

658 « Thriller » indique la couverture, mais c’est plutôt un roman à classer dans la catégorie des « mystères de chambre close ». Il y a beau avoir du serial killer dans les parages, on est plus proche de Gaston Leroux et d’Agatha Christie que de Connelly ou Stephen King. A la différence près que ce n’est pas le crime en lui-même qui est impossible à commettre, mais les circonstances qui le précèdent qui défient la raison ! Jugez plutôt : vous recevez une lettre anonyme qui dit tout savoir de vous, et pour vous le prouver vous demande de penser à un nombre entre 1 et 1000. 658, pensez-vous in petto. Bingo, c’est justement le chiffre indiqué dans la petite enveloppe qui accompagne la lettre. Avouez qu’il y a de quoi avoir les jetons ! Surtout que les messages qui suivent sont tout aussi extra-ludides… mais de plus en plus menaçants.

Sur cette idée de départ très prometteuse, l’auteur (c’est un premier roman) construit un scénario qui tient la route jusqu’au bout. Alors, même si le bouquin vaut surtout par l’intrigue, même si les personnages sont assez monolithiques et surtout là pour faire avancer le récit, on ne boude pas son plaisir puisqu’on passe un très bon moment. Au final, un roman à intrigue à glisser dans la valise, entre la serviette de bain et l’huile solaire.

traduit de l’anglais (E.U.A) par Philippe Bonnet et Sabine Boulongne

Grasset -20.90 euros.

PURGATOIRE – Tomas Eloy Martinez

purgatoireEmilia Durutti a perdu la trace de son mari en 1977, dans la province du Tucuman : elle est l’épouse d’un des nombreux disparus de la dictature argentine. Elle le cherchera, l’attendra pendant des années, jusqu’à ce qu’elle le croise, 30 ans plus tard, dans un café du New Jersey. A la manière d’un labyrinthe qu’on remonte lentement, dans lequel on s’égare, Tomas Eloy Martinez retrace l’histoire de cette femme, et de l’Argentine, toutes deux pleines de leurs contradictions. Car si elle est femme de disparu, Emilia n’en est pas moins la fille d’un des barons du régime militaire, le docteur Durutti. Ce personnage est l’occasion de digressions sur les frasques, les aberrations et les obsessions du gouvernement des généraux, épisodes tragi-comiques où les extraterrestres ont une place de choix.
Purgatoire est un roman de l’errance, de la perte (de l’être aimé, de la raison, de son chemin), une variation poétique, qui prend racine dans un funeste contexte historique ; dans le cadre réaliste, Tomas Eloy Martinez développe des métaphores et des images frappantes (il décline avec virtuosité par exemple le motif de la disparition) qui font de ce texte un livre exceptionnel.

Traduit de l’espagnol (Argentine) par Eduardo Jimenez.

Gallimard – 21,90€