SANTA RIVIERA – Morvandiau, Mancuso & Arnal

SANTARIVIERA Depuis le temps qu’on l’attendait : enfin la BD qui parle aux fans de Lady Di comme à ceux d’Olivier Besancenot, aux admirateurs de Charles Bronson mais aussi aux accros des telenovelas brésiliennes, une BD qui met en scène des informaticiens coincés, des bellâtres qui ont une **** à la place du cerveau, des révolutionnaires procrastinateurs. C’est donc le cadeau rêvé à faire au copain qui relève de l’une des catégories listées ci-dessus, ou à vous offrir si vous aimez la bonne poilade parodique qui flirte avec le non-sens. A lire de toute urgence, comme dit l’autre…

Les requins marteaux – 13 euros

MIDNIGHTERS, L’HEURE SECRETE – Scott Westerfeld

midnighters Ce roman n’est pas une nouveauté puisqu’il est sorti en janvier 2009, mais son intrigue palpitante mérite que l’on s’y attarde !

Jessica Day pense être une fille comme les autres jusqu’au jour où sa famille emménage à Bixby. Un soir, à minuit, elle se réveille en sursaut pour découvrir avec stupeur que le temps s’est arrêté et qu’elle est la seule à ne pas être figée. La seule ? Non… D’étranges créatures semblent lui en vouloir et se lancent à sa poursuite. Le lendemain, Jessica croit n’avoir fait qu’un cauchemar et découvre son nouveau lycée et ses nouveaux camarades. Parmi eux, trois étranges adolescents habillés en noir la dévisagent, comme s’ils attendaient un signe de sa part.

Ce qu’ils vont apprendre à Jessica va bouleverser sa vie : les journées à Bixby ne comptent pas 24 heures mais 25 ! Seuls les midnighters, des ados nés à minuit pile, peuvent évoluer dans cet espace-temps qu’ils doivent partager avec des darklings et les grouilleurs, des créatures des ténèbres. Pour les combattre, les midnighters disposent chacun d’un pouvoir différent, mais Jessica peine à trouver le sien. Pourtant, le temps presse, car les darklings semblent prêts à tout pour l’éliminer…

Le premier tome prometteur d’une série qui se dévore d’une traite, pour tous les amateurs de frisson et de mystère!

Editions Pocket Jeunesse – 13,50 €
(traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Guillaume Fournier)
A partir de 13 ans.

RUMBA – Alberto Ongaro & UNE DOUCE FLAMME – Philip Kerr

rumbadouce flammeEn ces temps ensoleillés, quoi de plus appréciable qu’un bon polar ombrageux ? En voici deux, qui en plus vous feront voyager en Amérique latine, dans les années 50. La Rumba d’Ongaro vous emmenera sur les traces d’un auteur de romans policiers qui enquête sur la disparition d’une femme fatale, dans la plus pure tradition du hard boiled et du film noir. L’hommage est appuyé (le protagoniste s’appelle John B. Huston…), mais c’est un vrai plaisir de retrouver ce genre qui mêle élégance et violence. La musique est entêtante, le héros charismatique, et l’intrigue tordue comme il faut.
Une douce flamme de Philip Kerr est le troisième volet, après la Trilogie berlinoise et La mort, entre autres, des aventures de Bernie Gunther, un détective désabusé, mais qui n’a pas perdu le sens de l’humour, malgré les horreurs de l’histoire. Il reprend une enquête de 1932, commencée à Berlin, et qui présente des similitudes avec un cas à Buenos Aires en 1950. La vie de Gunther est la parfaite illustration d’une malédiction confucéenne : « Puissiez-vous vous vivre une époque intéressante ». C’est l’occasion pour Philip Kerr de décrire l’atmosphère berlinoise des dernières heures de la république de Weimar, et en contre-point le régime péroniste d’après-guerre, qui accueillit les criminels de guerre nazis. L’intrigue est complexe et vous traine dans les recoins officieux de l’Histoire, une piqûre de rappel qui ne fera de mal à personne.

Rumba d’Alberto Ongaro, traduit de l’italien par Jacqueline Malherbe-Galy et Jean-Luc Nardone. Anarcharsis – 21 €

Une douce flamme de Philip Kerr, traduit de l’anglais par Philippe Bonnet. Editions du Masque – 22 €

LA CULASSE DE L’ENFER – Tom Franklin

CULASSE Je ne suis pas sûr du bien-fondé d’une telle étiquette, mais – à supposer qu’il faille en coller une sur tout – j’apposerais volontiers sur la couverture de « La culasse de l’enfer » celle de western social.
On est à la toute fin du 19ème siècle, dans l’Alabama, où on assiste à l’affrontement des notables de la ville (toute petite ville, toute petite bourgeoisie…) et des métayers qui survivent en périphérie. Classe laborieuse, classe dangereuse dont on se méfie, qu’on méprise et qu’on tient à distance. Quand on ne lynche pas certains de ses éléments, puisque sous ces latitudes et à cette époque farouche, on pend d’abord et on discute ensuite. Lassés d’être traités comme des moins que rien, certains des « bouseux » finissent par créer une milice. La milice en question tient surtout de l’organisation criminelle, qui fait régner la terreur dans tout le comté. ‘La culasse de l’enfer » est une oeuvre âpre et forte, puissamment évocatrice, un western tragique diablement prenant.

Traduit de l’anglais (E.U.A) par François Lasquin et Lise Dufaux

Albin Michel – 22 euros ou Livre de poche 7,50 euros