LA CHAMBRE DES VIES OUBLIEES – Stella Duffy

chambre vies oublieesAttention, méfiez-vous de votre teinturier ! Selon la fréquence de vos passages, des vêtements déposés, du temps mis pour les récupérer et surtout de tout ce que l’on oublie dans les poches, un teinturier, surtout s’il est attentif, observateur et consciencieux comme le héros de ce roman, peut deviner votre quotidien, vos habitudes, votre caractère…
Après une vie entière passée dans son pressing, Robert songe à la retraite, mais il ne cèdera pas son commerce à n’importe qui. Il accepte l’offre d’Akeel, un jeune pakistanais, mais en échange il le formera pendant un an. Une année pour lui apprendre le métier. En fait, Robert a surtout besoin de temps pour vider « la chambre des vies oubliées »… Il continue en effet une drôle de tâche instaurée par sa mère : il conserve dans une pièce tout ce que ses clients ont laissé dans leurs poches ; le tout classé, répertorié, rangé dans des dossiers !
A travers cet apprentissage, on découvre ces deux hommes que tout oppose (âge, origine, condition sociale) et qui vont petit à petit s’apprécier, ainsi que tous les habitués et voisins du pressing : une jeune fille au pair amoureuse de son employeur, deux SDF qui squattent un vieux canapé dans la rue, une vieille dame seule qui commence à perdre la tête, une infirmière généreuse et patiente…

Une belle histoire touchante et intéressante où se côtoient des dizaines de personnages très attachants, tous issus de Loughborough Junction, un quartier populaire du sud de Londres. A travers l’histoire d’un homme ordinaire, Stella Duffy réussit à merveille à nous rendre concrète la vie d’un quartier, d’une ville, à nous faire prendre conscience des tensions existant au sein des différentes communautés. Un roman choral qui donne envie de prendre l’Eurostar et de partir à Londres sur-le-champ.

Editions Grasset – 20 €
(traduit de l’anglais par Karine Laléchère)

LE BABY SITTER – Jean-Philippe Blondel

baby sitter Faire du baby sitting peut vous apporter bien plus que de l’argent de poche: c’est ce que découvre Alex, un étudiant de 20 ans, après avoir déposé une annonce sans trop y croire dans la boulangerie du quartier.
Des inconnus lui ouvrent alors les portes de leurs foyers, pour y révéler une réalité souvent bien différente de celle qu’ils montrent au dehors. Leurs joies, leurs doutes et les drames de leurs existences, autant de choses que le jeune homme partagera avec eux, transformant ce petit boulot ordinaire en grande aventure humaine.
Les personnages de ce roman sont d’une sincérité touchante, nous rappellant immanquablement nous-même à un moment ou un autre.

Un roman émouvant qui ne passe pas sous silence les difficultés de la vie de famille, de la vie tout court et de ses blessures mais aussi un récit plein de douceur et d’espoir sur la confiance et l’amitié.

Editions Buchet-Chastel – 19 €

INSTRUCTIONS POUR SAUVER LE MONDE – Rosa Montero

MONTERO « Chic, le nouveau roman de Rosa Montero ! » ai-je jubilé en recevant début décembre le service de presse d‘Instructions pour sauver le monde, 5ème titre à paraître chez Anne-Marie Métailié. Et je n’ai pas été déçu. C’est le 3ème roman de Montero que je lis et je suis en train de devenir un vrai fan. J’ai retrouvé dans ce nouvel opus les mêmes qualités qui m’avaient plu dans La fille du cannibale et Le roi transparent, cette capacité à marier l’humour et le romanesque, la comédie et l’émotion.
Rosa Montero nous fait ici partager un moment de vie de quatre personnages très dissemblables, en proie aux difficultés de la vie. Un chauffeur de taxi qui ne se remet pas de la mort de sa femme, une jeune femme africaine qui se prostitue, un médecin qui passe à côté de sa vie, une vieille universitaire alcoolique, pilier de bistrot. Ce qui les réunit ? Les drames et hasards de la vie… et l’imagination fertile de l’auteur, qui a cette capacité à « resserrer » son écriture autour de l’intrigue tout en donnant une vraie épaisseur à ses personnages.
Vous trouvez mon propos un peu confus ? Ouvrez plutôt le bouquin de Montero, laissez-vous happer par l’histoire, découvrez la sensibilité sans mièvrerie de l’auteur, son sens de la narration, et je suis certain que vous rejoindrez bientôt les rangs des fans français de Rosa Montero.

Traduit de l’espagnol par Myriam Chirousse

Métailié – 20 euros

B comme… BANQUE

On s’éclate comme des dingues avec votre pognon !

Parmi les joyeusetés qui guettent le créateur d’entreprise en général et le futur libraire en particulier, aucune ne surpasse en potentielles désillusions la visite aux banques. Personnellement, j’ai vécu à cette occasion certains des moments les plus humiliants de ma vie professionnelle, navrante épopée dont je vais vous narrer les meilleurs moments, vu que je n’ai ni l’envie ni les moyens de me payer une psychothérapie. Et puis, cela consolera ceux que cela ne fait pas rire.

Je précise qu’avant d’ouvrir Les Buveurs d’Encre, j’ai travaillé pendant douze ans comme concepteur-rédacteur free lance pour des agences de pub. Juste pour dire que les types qui s’assoient sur le Moi Profond de leur interlocuteur, j’en ai croisé quelques-uns. Rarement cependant, même par les pubeux les plus désagréables, j’ai eu l’impression d’être à ce point traité comme un vulgaire étron.

« Mais, tu dois te tromper, ami libraire. Le banquier, c’est plus qu’un pote, presque un frère. Il suffit d’ouvrir le journal ou d’allumer cette chère vieille chose qu’on appelle une radio pour en avoir confirmation». Sûr qu’entre les banquiers qui vous accompagnent et ceux qui restent à vos côtés, c’est à peine si vous pouvez aller pisser tranquille. L’avantage, c’est que si un jour vous avez des revers de fortune, si votre famille vous rejette, si vos enfants vous renient, si même votre chien menace de vous mordre, vous savez qu’il vous reste un ami, un seul, un vrai : votre banquier. Les banques dépensent des fortunes pour faire passer ce message un tantinet primaire. J’ai contribué à sa diffusion, et j’en ai largement profité. Je ne le regrette pas, mais si j’avais su, j’aurais demandé plus d’argent. Si je ne suis pas débile au point de croire un instant à la fable du banquier copain, j’avoue humblement que je ne percevais pas la profondeur du fossé séparant le discours de la réalité. Sans doute mes déconvenues constituent-elles une forme de justice poétique. Mais passons : retour à la triste réalité des faits…

Décembre 2004 : après avoir trouvé le local qui allait devenir les Buveurs d’Encre, je prends contact en toute confiance avec une demi-douzaine de banques afin d’assurer le financement du projet. Mon projet est béton, le business plan super détaillé, surtout je demande juste 50 000 euros alors que j’en apporte le double et que j’accepte de mettre mon appart’ en caution. En plus, je suis bilingue banquier. S’il y a UN libraire à Paris qui sait calculer un cash-flow de tête, c’est moi. (Je préférerais m’enorgueillir d’un truc plus glamour, genre je suis le libraire qui danse le mieux le tango, mais je laisse cela à Juliette). Bref, mon business plan est archi-crédible, présente des vues en 3D très jolies et puis surtout JE suis le mec à qui vous n’avez qu’une envie : prêter un maximum de fric tellement il va vous en rapporter.

Dûment déguisé en entrepreneur, j’entame mon road-show le cœur léger, certain d’être parti pour une simple formalité. Tralali, tralala, je pars faire mon marché bancaire, portant mon business plan sous le bras comme d’autres leur petit pot de beurre. Première étape, la Société Générale. Je suis un peu curieux de voir la tête du type qui va me recevoir et repasse mentalement les principales données du business plan car le gars doit être très, très fort en chiffres. Vu son niveau en français, il faut bien qu’il compense. Le mèl de cinq lignes qu’il m’adressa pour fixer le rendez-vous comportait une bonne douzaine de fautes, de la famille de celles qui coûtent deux points dans les rédacs de CM2.

Après m’avoir fait poireauter un quart d’heure, on m’introduit dans le bureau d’un ours entre deux âges, occupé à siroter un café. Il ne m’en offrira pas et m’écoutera avec l’attention et l’intérêt qu’on réserve d’habitude aux vendeurs d’aspirateurs et aux témoins de Jéhova. Après deux ou trois interruptions liées à des coups de téléphone personnels, il m’interrompt et m’annonce des frais bancaires hallucinants. C’est tellement énorme et éloigné des chiffres dont je dispose que je comprends assez vite qu’il s’agit d’une fin de non-recevoir. Il ne fait d’ailleurs rien pour me retenir, quand je me lève et lui dis que je vais économiser un dossier en ne lui laissant pas les photocopies. Exit la Société Générale.
Je passe sur deux ou trois refus suivants qui n’ont pas de caractère comique avéré pour en venir à mon rendez-vous avec la fine équipe du Crédit lyonnais. Les deux personnes qui me reçoivent font assaut de conneries dans le choix de leurs questions. Je frémis à l’idée qu’ils vont prendre leur décision sur leur connaissance de la réalité du marché et de ce métier. La seule chose à peu près claire est qu’ils n’y connaissent rien. Je trouverai, quelques soirs plus tard, un message sur mon répondeur m’informant que le prêt est refusé. La raison invoquée est « que pour ouvrir une librairie, il faut de la culture générale ». De quel droit et sur quels critères le sombre connard encravaté se permet-il de me juger ? Mystère.
Mais le meilleur reste à venir, grâce au Crédit Agricole. Pas d’accueil en chanson, de comédien qui se déhanche comme dans la publicité, j’aurais sans doute dû me méfier. L’entretien se passe aimablement entre gens de bonne compagnie et j’ai l’impression que tout marche comme sur des roulettes. Aussi suis-je très surpris quelques jours plus tard, quand j’entends la responsable de clientèle me dire gênée que , eh bien non, cela ne va pas être possible. Le certificat de refus de prêt ? Non, désolée mais on ne délivre pas ce type de document. Ce qui veut dire que sans ce document indispensable, je peux être tenu de racheter le bail commercial et de prendre en location un local dont je ne pourrai rien faire vu qu’on me refuse l’argent du prêt. Elle est désolée (moi aussi) mais elle ne peut rien faire !

Je finirai par trouver un financement le 24 décembre, sept jours avant la date limite prévue pour le bouclage du projet. Cinq ans après, j’éprouve toujours un certain énervement quand je repense au sujet du financement. Si j’avais voulu emprunter 50000 euros pour me payer une Porsche, j’aurais eu le financement en un quart d’heure. Mais le financement d’un projet professionnel, c’est ceinture et bretelles. Sûr que mettre des sous dans un projet qui rapporte 1,5% après impôts, cela ne les excite pas, nos Einstein de la Finance. Ils préfèrent se jeter tête baissée dans la spéculation effrénée, l’appât du gain aveuglant les moins crétins. Je me souviens d’un époque pas si lointaine (1995/98) où il suffisait d’agiter un gribouillis avec « Internet » et des projections délirantes jetées dessus pour crouler sous les propositions de banques. Elles ont plongé avec la bulle internet, elles ont replongé avec la spéculation immobilière et sont dans les starting-blocks pour se précipiter avant les autres sur la prochaine connerie à la mode, quelle qu’elle soit.

Et c’est bien la seule chose pour laquelle on puisse leur faire confiance…

LES FEMMES DU BRACONNIER – Claude Pujade-Renaud

les femmes du braconnierConnaissez-vous Sylvia Plath et Ted Hughes ? si oui, alors vous prendrez grand plaisir à retrouver ces poètes flamboyants, mais si vous n’en aviez jamais entendu parlé, cette biographie romancée est une remarquable entrée en matière. Elle retrace, en courts chapitres subjectifs (Sylvia, Ted, mais aussi leur entourage) la rencontre de ce couple à Cambridge, leur vie commune, leur rupture, la vie d’Assia Wevill, deuxième compagne de Ted, et les destins tragiques et parallèles des deux femmes. Elle réinvente ces figures, les interprète et nous immerge dans leurs imaginaires (rêves, angoisses, obsessions, fantasmes). J’ai beaucoup aimé la façon dont Claude Pujade-Renaud colle à l’oeuvre de Sylvia Plath et Ted Hughes, autant qu’aux faits historiques. Le roman laisse entrevoir toutes les discordances et les failles des personnages, sans céder aux clichés des poètes maudits.

Actes Sud – 21 €

Comme vous êtes alléchés par l’odeur, vous pourrez trouver à la librairie les ouvrages de Sylvia Plath et de Ted Hughes, Ariel et La cloche détresse de la première, et les magnifiques Birthday letters du second.

LE BATEAU – Nam Le

NAM Le bateau, premier recueil de nouvelles publié de Nam Le, est remarquable à plus d’un titre. Par la qualité d’écriture et la maîtrise des différents récits, la vraisemblance des portraits psychologiques (c’est bien sûr l’essentiel) mais également par la variété des sept longues nouvelles qui composent ce livre.
En règle générale, a fortiori dans un premier recueil de nouvelles, on trouve une certaine homogénéité, que celle-ci s’exprime de manière géographique, thématique ou à travers la nature des protagonistes et/ou des situations. Rien de tel ici. Successivement, Nam Le se glisse dans la peau d’un étudiant asiatique, aspirant écrivain (et qui refuse de se laisser enfermer dans le « rôle du romancier asiatique de service »), d’un vieux peintre qui tente de faire la connaissance de sa fille avant de mourir, d’un gamin des rues de Colombie… Il nous ballade de l’Australie à Téhéran, d’Hiroshima à New-York.

Peut-être cette recherche de la diversité est-elle le reflet de l’histoire personnelle de l’auteur : né au Vietnam, Nam Le a grandi en Australie et fait une partie de ses études aux Etats-Unis. Qu’importe, après tout, car Le bateau est avant tout un excellent recueil des nouvelles, et cette diversité, la preuve d’une imagination fertile… et la promesse de nombreuses oeuvres à venir.

Traduit de l’anglais (Australie) par France Camus-Pichon

Albin Michel – 20 euros

CINQ MILLE KILOMETRES PAR SECONDE – Manuele Fior

FIOR Manuele Fior nous a offert il y a quelques mois Mademoiselle Else, une très convaincante adaptation BD de la nouvelle d’Arthur Schnitzler. L’auteur revient en ce début d’année avec un récit intimiste juste et émouvant : Cinq mille kilomètres par seconde.

Manuele Fior nous parle de trois jeunes gens ordinaires, Nicola, Piero et Lucia, une lumineuse jeune italienne. Sans déflorer l’intrigue, on peut présenter Cinq mille kilomètres par seconde comme la chronique d’une relation amoureuse, de ses avatars et de ses vicissitudes à travers les années et les continents. Qu’est-ce qui reste quand l’amour s’en va ? Pourquoi le bonheur s’obstine-t-il à se dérober à certains ? C’est très abouti, tant du point de vue narratif que graphique. Le trait de Fior, sa technique se prêtent admirablement bien à la subtilité du propos. Un album à lire et à relire, que je vous conseille chaudement. C’est en ce qui me concerne, la première très bonne lecture BD de l’année

Editions Atrabile – 19 euros

LES AMES SOEURS – Valerie Zenatti

ames soeursDepuis qu’elle a acheté un livre sur Lila Kovner, Emmanuelle ne pense qu’à lire. Elle n’a qu’une envie : s’isoler pour être en tête à tête avec cette jeune photographe de guerre. Mais quand va-t-elle avoir le temps de se plonger dans son roman ? Au moment de se rendre à son travail comme tous les matins, cette jeune mère de famille décide de ne pas y aller, de se consacrer un peu de temps, de prendre du recul, de réfléchir à tout ce qui s’est passé récemment : le décès de sa meilleure amie, la routine un peu lourde de son foyer, un mari pas très présent, un passé qu’elle n’a pas tout à fait digéré…
Deux beaux portraits de femme que tout oppose mais qui pourtant se rejoignent : elles auront toutes les deux besoin d’une bouffée d’air, vitale pour pouvoir continuer à vivre.

L’écriture de Valérie Zenatti est juste, d’une grande sensibilité, ses deux héroïnes sont très attachantes, tellement réelles et si proches de nous, tant au niveau de leurs sentiments _ leurs joies, leurs peines, leurs doutes _ qu’au niveau de leurs vies, de leurs choix. Elles vont réussir toutes les deux à accomplir ce travail sur soi-même si capital à certaines périodes. Un beau roman, dans la même lignée qu’Agnès Desarthe ou Brigitte Smadja.

Editions de l’Olivier – 16,50 €

L’INCROYABLE VOYAGE DE JEANPOTE – Juliet M. Trewellard / Ian Beck

jeanpoteJean est un jeune garçon d’écurie si maladroit qu’on le surnomme « Jeanpoté ». Il consacre tout son temps libre à espionner la princesse Bella, dont il est fou amoureux. Un jour, sous ses yeux, celle-ci se fait kidnapper par un grand monstre venu du ciel. Le roi donne immédiatement l’alerte : tous les chevaliers sont réquisitionnés et doivent partir la délivrer. Bien sûr, Jean n’a pas le droit de les accompagner, car tout le monde le croit incapable d’une telle mission. Après l’échec de l’armée, Jean part avec le peu d’armures restantes et ses deux fidèles compagnons, Truffe et Dolly. Avec l’aide d’une curieuse et puissante armée trouvée en chemin, Jean va pour la première fois prouver à son entourage qu’il ne mérite pas ce surnom idiot.

Une belle histoire avec de l’aventure, de l’amour, du mystère, un roman bien écrit joliment illustré avec des ombres chinoises. A conseiller pour les 8-10 ans.

Editions Pocket Jeunesse – 12,50 €
(traduit par Sidonie Mézaize)

LE VOLEUR DE MAGIE (volume 1) – Sarah Prineas

voleur magieConny, jeune pickpocket plutôt doué, se trompe pour la première fois : au lieu de voler le portefeuille d’un homme, il se retrouve avec une pierre étrange… et n’éprouve aucune douleur à son contact. Intrigué par la réaction de l’adolescent, le sorcier Nevery décide de lui faire confiance et l’embauche comme apprenti magicien. Il aura besoin d’aide pour réussir la mission qui lui a été confiée : rétablir le niveau de magie dans la ville.

Un roman fantastique passionnant, où la fin de chaque chapitre n’est autre que le journal intime de Nevery, avec des codes secrets à déchiffrer. De plus, à la fin du roman, vous avez pour les plus gourmands d’entre vous, des recettes de biscuits à réaliser, car le grand sorcier adore la patisserie et vous livre les recettes de ses 2 assistants pour les comparer.

Editions Gallimard Jeunesse – 13,50 €
idéal pour les 10-12 ans
(traduit de l’anglais par Jean Esch)